Connue et très adoptée dans les pays occidentaux, la démarche de la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) n’est adoptée que dans quelques pays africains, notamment le Maroc, la Tunisie, le Sénégal. Cette démarche se révèle pourtant comme l’un des piliers de toute entreprise ambitieuse et à la quête d’une performance qui contribue à la compétitivité.

Sènou Carlos WANOU

« La responsabilité sociétale de l’entreprise (RSE) est une discipline jeune, développée depuis une trentaine d’années à travers les questions de citoyenneté d’entreprise ou de relation aux parties prenantes », lit-on dans Les Fiches et outils de la RSE de Farid Baddache et Stéphanie Leblanc. Ainsi définie, la RSE se positionne comme une démarche d’entreprise existant depuis plusieurs années. Le concept de RSE apparaît pour la première fois dans la littérature du management (The Social Responsibilities of the Businessman de H. Bowen) en 1953. La transposition des principes de développement durable pour les entreprises est popularisée par John Elkington en 1994 avec la notion de triple bottom line, ou en français « triple bilan », qui consiste à prendre en compte dans la dernière ligne du compte de résultat, les performances de l’entreprise en matière de 3 P pour People, Planet, Profit (personnes, planète, profit). Les années 2000 voient le contexte réglementaire se renforcer en matière d’exigences de transparence des entreprises concernant leurs données environnementales et sociales. La responsabilité sociétale de l’entreprise (RSE) est l’application des principes de développement durable et de ses trois piliers environnementaux, sociaux et économiques au monde de l’entreprise. La RSE repose ainsi donc sur les postulats suivants : L’entreprise et la société sont interdépendantes. L’entreprise doit connaître et être responsable de l’impact environnemental et social de ses activités, produits et services. RSE et profitabilité ne sont pas antinomiques, au contraire ; la RSE permet de questionner, d’innover et d’adapter la stratégie et les processus de l’entreprise afin de créer de la valeur partagée pour l’entreprise et ses parties prenantes.

La RSE vise les effets des activités des entreprises sur la société et l’environnement, tout en tenant compte des intérêts des parties prenantes (actionnaires, employés, consommateurs, communautés locales, organisations non gouvernementales, etc.). Elle embrasse une large palette de thèmes dont les entreprises doivent tenir compte parallèlement aux intérêts des propriétaires d’entreprises. En font notamment partie les conditions de travail (y compris. la protection de la santé), les droits de l’homme, l’environnement, la prévention de la corruption, la concurrence équitable, les intérêts des consommateurs, la fiscalité, la transparence et d’autres aspects (prise en compte des besoins de l’environnement local, intégration des capacités locales, transfert de savoir, protection des droits de propriété intellectuelle, etc.). Selon le rapport de l’enquête du Centre d’Analyse des Politiques de Développement (CAPOD) sur la Responsabilité Sociale de l’Entreprise au Benin : Enjeux et perspectives de développement durable, « La logique de RSE est un concept très peu connu et partagé dans les milieux des entreprises en Afrique ; sur le continent, la RSE constitue un débat public naissant et embryonnaire dans la plupart des pays (…) il est noté l’inexistence, le retard dans l’élaboration ou la caducité de l’arsenal juridique indispensable pour réguler le fonctionnement des entreprises, alors que les associations de consommateurs commencent à se former et se formaliser comme des partenaires indispensables ».

Selon le même rapport, « si la question de la RSE se pose de plus en plus dans le continent, avec notamment, la vague de délocalisations des grandes entreprises et de sociétés transnationales, les initiatives endogènes de RSE n’existent pratiquement pas encore ou dans le meilleur des cas, ils sont isolés, exceptionnels et peu visibles ». Particulièrement au Bénin, Comme dans la plupart des pays de l’Afrique sub-saharienne, le déploiement de la RSE n’est pas repérable, aussi bien dans les activités économiques que dans les décisions des entreprises. Mais il faut cependant reconnaitre qu’un pas est fait puisque le CAPOD nous indique dans son rapport qu’un ensemble de pratiques RSE est défini au Bénin même s’il soulève la nécessité d’une contextualisation de ces pratiques RSE dans le pays.

MinDo Consultants et la RSE au Bénin

C’est donc dans un contexte pareil que le cabinet MinDo Consultants s’installe au Bénin courant 2018 et vient apporter sa touche à la promotion de la Responsabilité Sociétale des Entreprises. Il en fait même sa préoccupation majeure. Pour Léon Anjorin Koboude, Co-Fondateur dudit cabinet, « il y a nécessité d’instaurer un cadre national autour des discussions et de la formalisation des pratiques RSE au Bénin ». Son cabinet se veut donc selon ses dires, un rassembleur autour de la question. Et puisqu’il ne saurait avoir RSE sans une base solide et efficace de communication, le cabinet offre également son accompagnement technique en matière de communication à toutes les structures intéressées et désireuses de renforcer leur dispositif communicationnel afin d’être plus compétitives. Ce cabinet de Consultants basés en France et au Bénin ayant pour ambition de favoriser l’engagement des différentes parties prenantes en faveur du développement durable, à travers la communication et le développement de la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE), accompagne ses clients dans la conception et la mise en place de leurs stratégies, politiques et plans d’actions sur leurs enjeux de communication, de RSE, d’appui aux ONG et Fondations. Il intervient non seulement à travers la réalisation de diagnostic, des conseils aux dirigeants et aux équipes opérationnelles, mais aussi à travers le renforcement de capacité et l’acquisition de compétences. Il intervient également de par la conception, la production et la mise en œuvre des stratégies nécessaires et adaptées. Au plan local, MinDo Consultants, après avoir organisé à Cotonou avec succès la première édition des Rencontres de la RSE le 20 septembre 2018, fait part de sa disponibilité pour travailler aux côtés d’autres acteurs afin de populariser le concept de la RSE au Bénin.

RSE et Développement Durable

« La responsabilité sociétale des entreprises (RSE) est la contribution au développement durable des entreprises ». affirment Farid Baddache et Stéphanie Leblanc.  La RSE établit que la capacité d’une entreprise à se maintenir sur le marché se mesure aussi bien en matière de performance financière et économique, qu’environnementale et sociale. La responsabilité sociétale de l’entreprise (RSE) est l’application au monde de l’entreprise des principes de développement durable et de ses trois piliers environnementaux, sociaux et économiques. La RSE repose sur la double idée que l’entreprise a une responsabilité vis- à- vis de la société et de l’environnement dans lesquelles elle évolue, et que la performance d’une entreprise se mesure non seulement en matière de résultats financiers mais également de prise en compte de cette responsabilité sociale et environnementale dans ses processus de management. Il existe différents niveaux de maturité de la RSE dans les entreprises, qui est fonction de la gouvernance ou du degré d’intégration de la RSE dans la stratégie globale de l’entreprise, de sa capacité à être transparente vis- à- vis de sa performance RSE, ainsi que du degré de prise en compte et d’ouverture de l’entreprise avec son écosystème (les parties prenantes mais également l’ensemble de sa chaîne de valeur). Le développement durable est donc l’idée que non seulement, la seule croissance économique ne peut pas constituer un modèle de développement, mais également qu’elle génère des inégalités sociales et des impacts négatifs sur l’environnement qui sont sans précédent et qu’il s’agit d’inverser la tendance. Le concept de développement durable porte en lui la protection de la planète pour les générations futures, dans une idée de partage des richesses naturelles et du progrès social entre les populations des pays développés et des pays en développement.

La RSE devient ainsi un pilier incontournable de la stratégie globale de l’entreprise. Il importe alors que cette touche donnée aux entreprises qui jusqu’à présent reste embryonnaire au Bénin de par l’absence d’une politique nationale de sa réglementation soit légiférée et encadrée pour une bonne application au profit de la performance des entreprises et du développement durable.

RSE au Bénin : La nécessité d’aller vers une démarche adaptée et efficace

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